L’OSM et le manger mou

Demandez-moi quels sont les styles musicaux dans ma discothèque, je vous répondrai qu’ils sont presque tous bien représentés, du gros blues sale jusqu’à la pop la plus gomme balloune en passant par le country-folk le plus dépressif qui soit.

Il y a toutefois un absent de taille : la musique classique. Je sais toutefois apprécier à sa juste valeur un opéra ou un concert, et je souhaite avoir beaucoup plus d’opportunité d’explorer le genre. Étant jeune et curieux, je suis, en somme, le profil type du public que l’Orchestre Symphonique de Montréal cherche à attirer dans sa nouvelle salle.

Voilà pourquoi, en un mercredi de septembre aux allures d’automne, j’allume la télé et que je zappe direction Radio-Canada, juste à temps pour observer les musiciens de l’OSM attaquer le tout début du deuxième mouvement de la 9e symphonie de Beethoven.

Premier choc. Au plan de l’orchestre jouant un classique parmi les classiques succède un plan extérieur où des artistes de cirque donnent un spectacle sur l’air de la musique. Déjà abasourdi que quelqu’un, quelque part, ait voulu ajouter des fanfaronnades sur un chef-d’oeuvre qui parle de lui-même, le réalisateur de Radio-Canada me fait subir un deuxième choc : avec la collaboration de tout un pan du bottin de l’Union des Artistes, il a cru bon d’ajouter une trame narrative sur la musique. Ce sont donc succédés des artistes qui ont témoigné de… à vrai dire, je n’ai même pas écouté, j’ai mis la télé en sourdine avant de l’éteindre quelques instants plus tard tellement je trouvais le concept déjanté.

Il est vrai que la musique classique est vu, à tort, comme un art élitiste — alors que, dans les faits, les billets les moins dispendieux d’une comédie musicale sont environ deux fois plus chers que les billets les plus abordables de l’OSM. Diffuser un concert sur les ondes de la télévision publique en heure de grande écoute est une excellente idée, et je me demande même pourquoi cela n’a pas lieu plus souvent. Ceci étant dit, pourquoi, à chaque fois que vient le temps de présenter l’art à la télévision, des gens se sentent investis du devoir d’ajouter des fioritures et des artifices? Pour attirer les mélomanes? Certainement pas. Monsieur et madame Tout-Le-Monde? J’ai la prétention de croire qu’ils sont assez intelligents pour, eux aussi, trouver douteux cette mixture. Et changer de poste aussitôt.

Trop édulcoré pour le mélomane et trop confus pour la madame de la rue de Montarville, à qui s’adresse donc ce spécial? Je n’ai pas de réponse claire à cette question. Ce que je retiens est que quelqu’un, quelque part, à la direction de l’OSM ou à Radio-Canada, a comme idée que le concept de «culture accessible» est de ne pas laisser la musique parler d’elle-même et de raboter avec vigueur une œuvre magistrale de Beethoven… alors que les auditeurs sont plus intelligents qu’ils veulent bien le penser.

À leur défense, les cerveaux derrière ce fiasco sont tout à fait en phase avec la société québécoise. Dès qu’il est question d’art ou de culture au Québec, les élites s’adressent au peuple avec infantilisme, comme si les gens étaient incapables de comprendre quoi que ce soit. Et si la solution la plus simple était de présenter la musique classique telle qu’elle est et de laisser les gens décider s’ils aiment ou nom?

Parce que nous pouvons bien rire des Américains qui mettent du ketchup sur tous leurs aliments, nous faisons bien pire; nous prenons l’art dans ce qu’il y a de plus noble, la broyons dans un malaxeur et, tout en déclamant que nous servons de la grande gastronomie, nous le servons sous forme de manger mou.

Je ne sais pas pour vous, mais je ne connais personne qui n’aime le manger mou.

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RIP Amy: les ravages de la drogue (NSFW)

Amy Winehouse en 2003:

Amy Winehouse en 2011:

 

 

Deux photos qui en disent plus que n’importe quel pub contre la drogue.

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Cher gym…

Cher gym,

Je vais être franc et direct: notre relation débute mal. Très mal.

L’autre jour, tu me dis que je dois prendre rendez-vous une évaluation physique. Je m’y présente ce matin, plutôt grognon – c’est ce qui arrive quand on me demande de ne pas consommer de café le matin, mais bon, ce n’est pas de ta faute, tu ne fais que ton travail.

Je suis tout de même inquiet. Tu me demandes de m’inscrire un an, je me demande bien comment je vais faire de la place dans mon horaire pour venir à ta rencontre. Ce à quoi ton employée me répond «Tu n’auras qu’à regarder moins de télé». De un, je ne regarde presque pas la télé, moins par principe idéologique que parce qu’il n’y a rien de bon. De deux, cette réponse dilettante cache un discours qu’on entend bien souvent dans les sectes: «Si tu réussis, c’est grâce à la méthode; si tu échoues, c’est de ta faute». Si j’avais voulu joindre une secte plutôt qu’un gym, j’aurais apostrophé de ce pas le sympathique monsieur au crâne rasé qui chante «Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare» au métro Lucien-l’Allier.

Ça ne va guère mieux pour la suite des choses. La même employée me  demande de remplir un questionnaire où l’on demande toutes mes habitudes de vies. J’insiste: toutes. Jusqu’à mes habitudes sexuelles. Quoique, n’étant pas un expert en mise en forme, il est possible que des positions soient plus énergivores que d’autres et que tu es à ce point féru du détail que tu en viens à calculer mon activité physique au dixième de calorie près.

À défaut de cocher toutes les cases «Ce n’est pas de tes maudites affaires!», j’ai laissé le questionnaire blanc. Tu aurais dû entendre la réaction embêtée de l’entraîneur qui a regardé mon formulaire quasi-vierge: «Mais l’ordinateur pourrait ne pas calculer avec exactitude ton meilleur programme.» Si quelqu’un a besoin d’un logiciel informatique pour comprendre que prendre de la drogue ou de l’alcool à répétition est à proscrire lorsqu’on entame un programme d’activité physique, cette personne n’a pas besoin d’une inscription dans un gym mais dans une école.

Bref, ce fût une expérience désagréable. Vais-je y revenir? J’en doute fort. Mais je te promets que l’argent ainsi épargné n’ira pas dans les poches de la pataterie du coin. Ou des Krishnas.

Love,

Moi

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Mushpit pour poupons

Selon TVA Québec, les enfants de moins de 12 ne seront pas admis lors du spectacle de Metallica à Québec.

Ça me rappelle qu’à époque où je travaillais pour une billetterie téléphonique, une dame m’avait demandé si un service de garderie était disponible sur place lors du… Vans Warped Tour!

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Choses à faire cette semaine #25: évadé de mon hôpital psychiatrique, je suis de retour

– Planter des rondelles de hockey dans la terre dans l’espoir de faire pousser des bâtons.

– Boire des shooters de vinaigre.

– Composer une ballade en honneur à ma fenêtre brisée dans ma salle de bain.

– Cuisiner un gâteau aux poivres et aux piments jalapeño.

– Rouler la plus grande boule de soies dentaires de l’histoire de l’Humanité.

– Apprendre «Let It Be» à une chorale de chats.

– Déclamer du Réjean Tremblay à voix haute dans une rencontre de l’Académie Française.

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Brève du jour

Je viens de compléter le prologue et les premiers paragraphes de mon premier roman!

Aussi, joyeuse Saint-Patrick. Que je ne prenne pas à chanter «Danny Boy», l’air du temps est assez lourd pour ne pas le rendre davantage.

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Choses à faire cette semaine #24: comme la caisse

  • Chanter des berceuses à des bébés koalas.
  • Me promener tout nu devant un Apple Store et faire des rituels animistes à la gloire de l’Ipad 2.
  • M’offrir afin d’être la doublure officielle de Janine Sutto.
  • Vanter les mérites des bas blancs à un groupe de sauteur de clôture.
  • Chanter du Normand l’Amour dans un bar à karaoké du Chinatown.
  • Me rendre au travail en trottinette…. et prendre ça comme excuse pour justifier mon retard.
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